Confinement, mon point de vue

*J’étais assise dans le salon, histoire d’être plus à mon aise pour recevoir cet appel qui était programmé, il y a de cela quinze jours. Un journaliste, travaillant pour un certain blog voulait que je lui donne un interview, cela ne me dérangeait pas beaucoup, puisque je n’avais pas grande chose à faire à part lire et regarder des séries et répondre aux sms de mes amis.

Dans un climat de familiarité, on commença avec les questions.

— « dîtes moi, comment vis tu le confinement? »

*-  » Au début, c’était cool, j’étais fatiguée et j’avais besoin de me reposer, et j’étais malade aussi, je me suis dit que c’était une bonne occasion pour réellement penser à ma santé.
Et puis dans les deux semaines suivantes, cette pause commença à devenir trop long à mon goût, j’étais fatiguée de tout le temps rester au lit, et mes projets qui se sont retardés me contrariaient. Jusque là je pensais qu’à moi. Mais quand je commençais à m’intéresser aux infos, et à voir les gens qu’on forcaient à rester chez eux alors qu’ils n’ont pas la possibilité de se nourrir, des gens pour lesquels le confinement était quasi impossible, j’étais sidéré. C’était comme leur demandé de choisir entre mourir de faim ou mourir du virus.
Et de jour en jour je commençais à vivre mal ce confinement, j’arrivai à un point où je faisais même des crises de panique.

Mais là, je suis passée à la dernière phase, je reste à la maison, je prends des précautions et j’attends, j’évite de me prendre la tête, de trop m’inquiéter car cela ne peut rien arranger. Je suis impuissante face à tout cela.

  • « Est-ce que tu as cru que la maladie était présente sur le territoire national dès les premières annonces qui ont été faites? »

*- sincèrement j’ai toujours crû en l’existence de la maladie mais quand on a parlé de sa présence sur le territoire, j’avais quelques doutes. Non pas que je pensais que les haïtiens étaient incapables d’attraper cette maladie, non loin de là. Le problème dans mon pays c’est qu’on ne sait pas qui croire et que croire. On a menti si souvent qu’ils nous aient difficile de croire qu’on nous dit la vérité. Bien que j’avais des doutes, dès les premières annonces, j’ai commencé à prendre toutes mes précautions.

-« Penses-tu que le pays peut subir un confinement à proprement parlé? »
*- Un grand non, on est en Haïti, où la majorité de la population est pauvre, où les gens vivent au jour le jour. Ils n’ont pas vraiment de réserve , alors confinement en Haïti c’est non.
Tu demanderais à sept personnes qui partagent une toute petite pièce, de rester coincer dans ce petit coin en plus de la nuit qu’ils ont l’habitude de partager ensemble, non c’est une blague, bien qu’on devrait se confiner… mais il faut se l’admettre c’est vraiment difficile pour ne pas dire impossible

–« Comme toi tu es confinée, et que dans ta ville des cas commencent à être détecté, comment ton entourage vit cela? »

*-  » Bon c’est pas la forme, on stresse, on essaie de bien gérer ce qu’on a. C’est l’incertitude qui tue. Quand cela va-t-il se terminer ? Serions nous épargner malgré nos nombreuses précautions ?
En tout cas je peux dire que jusque là, mon entourage le gère bien, je le crois en tout cas . »

— « Et tu as appris quelque chose de ce confinement . »

*- ouais beaucoup, pour être plus précis disons avec ce satané virus, j’ai appris à ne pas prendre la vie trop au sérieuse et de vivre chaque jour comme le dernier. Notre moment c’est maintenant, là où je te parle, et après rien n’est sûre. Rien est important, l’essentiel c’est de rester en vie, et tout le monde a cet objectif : rester en vie. Et tous les autres trucs ne sont que des détails.

—  » la première chose que tu vas faire après ce confinement ? « 

–* Je vais manger un bon griot. « 

— « Tu as un autre truc à ajouter par rapport à tout ce qui se passe »

–*  » la situation est très compliquée surtout pour notre pays, où les dirigeants font preuve d’incompétence, je ne sais pas s’ils le font volontairement ou involontairement mais ils doivent revoir leurs plans d’action.
Ensuite je demanderais aux gens de toujours prendre des précautions et de rester positifs.
Et sincèrement, je persiste à croire que le meilleur est à venir.*

Écrit par Meïka Décime

Publié par EMARMIL

Écrivain, ingénieur civil, amoureux des livres, amoureux de la vie

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