Chapitre 1
Partie 1
Johnson, jeune ingénieur de 26 ans est un passionné de la lecture et des aventures. Fokal, les mercredis 4 – 6 heures est l’endroit et l’heure qu’il prend parmi nombreuses de ses bonnes habitudes. Également, il entend lire des livres traitant le même domaine tous les mois.
Un beau jour, un mercredi après-midi, il entrevoit une jeune demoiselle à l’autre bout de la salle, très concentrée lisant un texte engagé a t’il présumé…l’envie a tout de suite pris l’ingénieur d’aborder la demoiselle afin de la connaître et peut-être si elle voudrait, son histoire…
Dominique n’est pas une fan des bibliothèques. C’est d’ailleurs très étrange compte tenu de son amour pour les livres. Mais, c’est un fait: elle déteste.
N’empêche que, cet après-midi-là elle avait besoin de fuir quelque part où on ne penserait pas la trouver. Quoi de mieux qu’un lieu qu’elle disait détester.
Le livre entre ses mains semblait être un recueil de hiéroglyphes, quoiqu’écrit dans un français des plus basiques. Elle ne lisait pas vraiment, elle réfléchissait. Quand soudain:
_Salut.
_Salut, répondit-elle.
Elle ne leva pas la tête. À quoi bon? Encore un autre qui se prenait pour un savant parce qu’il lisait deux mots alignés dans un ordre précis et qu’il pouvait se les expliquer
Passionné des difficultés il ne compta pas en resté là et comment continuer avec si peu d’attachement mais comme homme de science il trouva bon de ranger tout ça dans la catégorie nouvelle expérience.
-Je peux prendre place ?
-Libre à vous
-Pourquoi le choix de ce livre ? Voulant lui montrer de l’intérêt
Elle ne manqua pas de remarquer son manque d’assurance. Ce qui ne l’étonna guère.
_Comme ça
Comment continuer une conversation qui semble vouloir être à sens unique même avec la peur au ventre il ne voulait pas faire marche arrière.
-J’aime les choses antiques et c’est ce qui m’a attiré vers vous.
Piètre dragueur, pensa-t-elle. Donc, je suis si vieille pour lui.
_Très intéressant.
Puis, elle se tut. Son idée de lui n’était pas fausse.
-Je suis Johnson j’aurais dû me présenter avant.
Cherchant une porte pour sortir de cette impasse
_Bien Johnson Normalement on se tait dans une bibliothèque. Merci
Ah, elle ne pouvait dire mieux, se dit-il.
Une plume et un bout de papier en main, il y écrivit
-On a toujours besoin d’une plume, dit-il avec son sourire.
-C’est quoi votre nom?
-J’espère que ma plume parle mieux que moi.
Et le lui glissa
Elle lut le mot, entrouvrit le livre qu’elle était censée lire et le mit entre deux pages. Ensuite, toujours sans mot dire, elle alla déposer le livre et sortit de la bibliothèque.
Étonné, il le suivit
– Désolé d’avoir nuit à votre paix, j’en ai assez fait je pense, mais j’aimerais vous offrir un verre pour me faire pardonner
Dehors, une fine pluie habillait les rues. Elle ne fut pas étonnée qu’il l’ait suivie, et la proposition du verre était un classique. Mais elle ne pouvait rentrer chez elle tout de suite et il semblait vouloir se faire chauffer les économies. Elle ne dit pas oui, elle ne dit pas non. D’un simple geste de la main, elle lui fit signe d’ouvrir la marche.
C’était contre toute attente mais elle avait dit oui selon lui et d’un pas plus rassurant il entama la balade.
Elle ne pipa mot jusqu’à son arrivée au bar qu’il avait choisi
Il lui ouvrit la porte en arrivant au pas de la porte et lui invita à entrer
Elle entra et attendit de voir ce qu’il allait faire
Sans trop tarder il lui invita à s’asseoir et comme un gentil homme l’aida à prendre place.
-Vous prenez quoi?
_Une bière fraîche. Merci.
-A vos souhaits.
Il fit signe à une serveuse et plaça sa commande.
Entre temps, il continua la conversation.
– Vous êtes fan des bibliothèques ?
_Non. Rien de tel.
– Étonnant. Alors vous fuyez quoi?
_Les mecs et leurs radotages.
-Je suis vraiment mal tombé on dirait, se dit-il.
-Mais pourquoi ?
Elle rit. Non pas de ces rires francs que la joie fait naître en nous. C’était un rire cynique. Dire qu’elle avait prononcé cette phrase il y a quelques heures…
_Comme ça.
-Comme ça ?
_Oui.
Et elle planta ses yeux couleur opale dans les siens.
-Regarde moi ces beaux yeux dit-il en souriant
Elle lui sourit du coin de la bouche avant d’ajouter
-Merci.
Elle voyait qu’il faisait beaucoup d’efforts pour lui être sympathique, mais il tombait mal. Mauvaise journée, et, pour ne pas faire dans la demi-mesure, celle-là même où elle avait le coeur brisé.
C’est vrai que dans ces cas, les filles appellent leurs copines, elle venait pour sa part de perdre la seule qu’elle croyait vraie alors… Mais il n’avait pas besoin de le savoir, une bière et une bonne conversation et hop ! Elle s’en irait.
-Une bière bien fraîche pour mademoiselle ou madame? Toujours avec son sourire.
La serveuse venait de les déposées sur la table.
Elle sourit franchement à la jeune femme de l’avoir désignée en priorité sur le jeune homme. On lui reprochera son féminisme prononcé plus tard.
Par quoi dois-je commencer la conversation à présent,se demanda-t-il avant d’ajouter;
-Vous avez un joli sourire.
_Décidément, vous allez faire le tour de mon physique, répondit-elle pince-sans-rire. Mais merci.
-S’il faut passer par là pour sortir un mot gentil de ta bouche, pourquoi pas.
Elle entama sa bière, peu disposée à l’encourager
Ne voulant pas passer le reste de la soirée sans mot dire, il continua la conversation et ajoute
-Alors, qu’est ce qui vous a emmené dans cette bibliothèque ? A part pour fuir le radotage des mecs bien-sûr.
_Le dépit.
-Je suis désolé que vous ayez à subir ça. Je ne le souhaite à personne même si parfois c’est inévitable.
_ Vous ne me demandez pas la cause ?
Un peu perplexe, il lui répond
-J’esperais que vous m’en direz plus, j’ai deux oreilles et une bouche.
_Tiens tiens !, ricana-t-elle. On dirait qu’il a des griffes. Parlez-moi plutôt de vous, le temps que je finisse ma bière avec la seule bouche qu’on a tous, hum.
-Je ne sais pas toujours trop quoi dire quand on me demande cela, mais je suis ingénieur civil pour l’instant.
Au prochain tête-à-tête,je vous en dirai plus.
Elle fit semblant de ne pas avoor compris qu’il lui offrait un second rendez-vous. Elle préféra même ne rien dire.
D’un regard las, elle se mit à examiner l’endroit où elle se trouvait. La semi pénombre ne permettait pas d’identifier qui que ce soit, mais les chuchotements rejoignaient les gémissements discrets dans une atmosphère lourde et chaude. Elle coula un regard en biais à son interlocuteur et se surprit à vouloir sortir avec lui, dans la lumière du jour, pour mieux le détailler. Mais dehors il pleuvait, et même s’il ne pleuvait pas, qu’est-ce qu’il lui prenait ?!
Le silence régnait sur la table, il continuait à boire et à la regardé.
– Sinon, vous faites quoi dans la vie?
_Je suis artiste peintre.
Elle n’avait pas tout dit. Elle était chanteuse et danseuse aussi. Mais elle ne comptait pas tout apprendre à cet inconnu. Rien que le nécessaire, elle ne pourrait pas regretter ça, c’est si peu.
-Peintre? J’ai toujours voulu dessiné depuis mon plus jeune âge mais on dirait que j’ai deux mains gauches.
Il était bouillant de joie à l’intérieur et cela se voyait dans ses yeux, mais il faisait des efforts pour garder son calme
_On peut faire bien de choses extraordinaires avec deux mains gauches, répliqua-t-elle gentiment.
Il souria, les yeux fermés et se mordit les lèvres l’espace d’une seconde,avant d’ajouter
_Je suis un très bon élève, je ne demande qu’à apprendre.
Elle secoua la tête, sévère :
_Il n’y a aucun message caché dans mes mots tu sais. Je voulais seulement dire que l’on pouvait être très productif sans être peintre.
_Je sais et je n’ai rien dit de tel. J’ai simplement apprécié votre gentillesse.
Il était un peu embarrassé, il n’était très doué pour cacher ses émotions.
_Alors si je vous ai manqué de respect, je m’en excuse
_Ce n’est rien, je voulais juste bien me faire comprendre.
Et puis, ayant décidé qu’une bière suffisait, qu’elle était moins dépitée en sa compagnie, et que tant qu’à faire un ami comme lui ne dérangerait en rien ses projets de célibat, elle lui tendit la main.
_Je suis Dominique, enchantée.
Ils échangèrent leurs cartes et se quittèrent à la sortie.
Une semaine s’était passée et toujours pas de signe des deux côtés. Lui avait un chantier à mettre en place et cela lui bouffait tout son temps, et seulement ses collègues avaient la chance de le croiser au bureau et à part ça c’était le silence total sur tous les réseaux sociaux. Les patrons mettaient la pression et lui aime le travail bien fait, du coup il s’était déconnecté comme il le faisiait souvent ces derniers temps quand il fallait se concentrer sur ses tâches.
Il ouvrit sa bourse pour prendre sa carte d’identité pour une vérification de routine et il tomba sur la carte de Dominique, et là il se souvient que ça faisait exactement une semaine depuis sa dernière visite à la bibliothèque. Après avoir rempli la fiche de présence, il choisit son livre et alla s’assoir.
« Je pense que l’heure est venue de lui faire signe », se dit-il, fouilla dans sa poche, prend son telephone et decida d’envoyer un message.
_Salut Dominique, C’est Johnson de la bibliothèque. Comment vas-tu ? J’ai eu une semaine assez chargée et j’ai pas pu trouver le temps de te faire signe avant.
Espérons qu’elle va repondre, croisons les doigts.
