L’usine d’espoir, peut-elle continuer à fabriquer de l’espoir en Haïti?

Espérer, voilà un verbe que les haïtiens peinent à conjuguer. En nous référant au sens premier du mot « Espérer », croire en quelque chose de meilleure ou en quelqu’un qui soit capable de changer un élément malicieux en bien ou d’apporter quelque chose de bien ou de mieux de ce qui existe… Mais, La situation qui sévit actuellement dans le pays laisse à désirer.

Aujourd’hui , une bonne partie de la population croupit dans la misère la plus abjecte, l’environnement du pays est dégradé, le chômage tend à se généraliser, la corruption est devenue chose normale. En plein 21eme siècle, la majorité de la population haïtienne consomme une eau de qualité douteuse, la production agricole est à son plus bas niveau, nos institutions publiques sont pour le moins dysfonctionnelles. Pas de politique instaurée en faveur d’une prise en charge de la jeunesse , cette catégorie qui constitue un capital humain si important . L’école , l’église et la famille sont incapables de remplir leur mission, l’illégalité tend à devenir chose normale alors que l’observance de la légalité tend à disparaître du paysage mental de l’haïtien . Face à ce tableau si sombre peut-on continuer à avoir confiance en l’avenir?

La solidarité, la loyauté, l’intégrité, l’Union, l’esprit d’entraide, toutes ces valeurs tendent à disparaitre. L’indépendance que  nous ont donnée nos ancêtres est chose contraire aujourd’hui, nous sommes incapables de prendre soin de nous même, de nous gouverner, de nous diriger vers des cimes plus prometteuses. En ce sens peut-on espérer voir s’émerger de nouveaux hommes capables de nous redonner notre fierté de peuple libre?

Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, cette catastrophe naturelle est à jamais enregistré dans notre histoire où plus de  230000 personnes sont mortes , 300000 blessés, 1,5 millions privées de leur logement et des dommages matériels évalués à plus de 14 milliards de dollars . À ce moment tous les organismes internationaux et les pays du monde avaient leurs projecteurs fixés sur nous tels L’administration Obama, les gouvernements français, colombien, chilien, Suisse et autres nous étaient venus en aide. A ce moment de grosse somme était prévue pour le redressement du pays et les rescapés du séisme qui étaient déjà dans une situation infernale bien avant se voyaient augmenter leur degré d’espérance dans un avenir meilleur. Quelques années plus tard cet espoir est vitement tourné en désespoir, alors peut-on retrouver l’espoir que ça va changer?

Aujourd’hui encore, on assiste à une déception considérable des jeunes,  qui à l’approche de la trentaine vivent encore chez leurs parents sans emploi et sans espoir d’être embauchés.
Est-il possible à ces jeunes de vivre leur vie souhaitée?

Par rapport à ce tableau si accablant de notre pays, se désespérer c’est un fait évident, mais il n’est pas impossible de retrouver l’espoir. Avant notre indépendance qui a fait de nous le fédérateur de liberté et  générateur de l’autonomie ,personne ne l’aurait cru qu’un groupe d’esclave dépourvu de moyen fort allait réaliser cet exploit et changer l’histoire de l’humanité. À ces mots, Vivre c’est d’abord espérer, alors nous devons nous atteler à fabriquer de l’espoir, aussi critique que soit la situation du pays ,le changement est possible. Des pays qui étaient tombés plus bas que nous arrivaient à s’en sortir, tout n’est pas perdu, il nous faut seulement une conscience collective.
              

Écrit par Destramy Marc-Sanel/ journaliste, éducateur.

Publié par EMARMIL

Écrivain, ingénieur civil, amoureux des livres, amoureux de la vie

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