On a tort de dormir sur deux oreilles, dans les beaux quartiers quand la misère rugit l’autre bout de la ville.
On a surtout tort de laisser déployer ici cette pauvreté sous prétexte que les gens qui vivent dans une telle gêne viennent de pays où ils risquaient la mort et que leur sort s’est donc rudement amélioré
On a tort de nous asseoir confortablement, manger du poulet, pendant nos frères sont coincés sous un pont au Texas.
On a encore tort de cautionner cette corruption qui enfonce notre économie
On a tort de ne rien faire pour arrêter la chute libre que prend le pays.
On a tort d’accepter ce dessus que prend l’injustice sur la justice.
En agissant ainsi c’est ignorer l’autre et c’est aussi l’avenir du pays que nous hypothéquons
Un extrait amplifié du texte de Dany Laferrière, tous ce qu’on te dira pas Mongo
Destramy Marc-Sanel
